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Congés en Tunisie : que dit la loi en 2026 ?

La gestion des congés en Tunisie représente un enjeu important pour les salariés comme pour les employeurs. Calcul des droits, jours déjà pris, solde disponible, ancienneté et organisation des départs : plusieurs éléments doivent être pris en compte pour assurer un suivi fiable.

Dans le secteur privé, les congés annuels payés sont principalement encadrés par les articles 112 à 120 du Code du travail tunisien. Le salarié bénéficie d’un droit annuel à congé payé, selon les conditions prévues par la législation.

Cependant, les règles peuvent varier selon le secteur d’activité, les conventions collectives, les contrats de travail ou le statut du salarié. Il est donc important de vérifier les dispositions applicables à chaque entreprise.

Combien de jours de congés en Tunisie ?

Pour les activités non agricoles relevant du régime général du Code du travail, le salarié qui justifie d’au moins un mois de travail effectif chez le même employeur acquiert un droit à congé calculé à raison de un jour par mois de travail.

La durée totale du congé légal ne peut pas dépasser 15 jours, dont 12 jours ouvrables.

Exemple de calcul

Un salarié ayant travaillé pendant 6 mois peut obtenir :

6 mois × 1 jour = 6 jours de congé

Pour 10 mois de travail :

10 mois × 1 jour = 10 jours de congé

Pour une année complète :

12 mois × 1 jour = 12 jours ouvrables

Le calcul doit toutefois tenir compte des règles précises relatives aux jours ouvrables et à la période de référence.

Quelle est la période de référence pour les congés ?

Depuis la modification du Code du travail, la période prise en compte pour déterminer le droit au congé commence le 1er janvier de chaque année.

Cette règle permet de déterminer les droits acquis au titre de l’année de référence.

Pour les entreprises, il est donc important de tenir un suivi régulier des droits acquis et des jours consommés.

Comment calculer le solde de congés ?

Le calcul du solde est relativement simple dans son principe :

Solde de congés = droits acquis + reliquat autorisé – congés pris

Exemple pratique

Prenons le cas d’un salarié qui dispose de :

  • 12 jours acquis
  • 3 jours reportés de la période précédente
  • 5 jours déjà pris

Le calcul est :

12 + 3 – 5 = 10 jours

Le salarié dispose donc d’un solde de 10 jours, sous réserve des règles applicables au report des congés dans l’entreprise.

Les jours fériés sont-ils déduits des congés ?

Non, les jours fériés légaux ne sont pas comptabilisés dans le congé annuel payé lorsqu’ils se situent pendant la période de congé.

Le Code du travail prévoit également que les interruptions de travail dues à la maladie ou à un accident ne sont pas comptées dans le congé annuel payé.

Cette distinction est importante lors du calcul du nombre de jours effectivement consommés.

Le congé peut-il être fractionné ?

Oui, le Code du travail prévoit des règles concernant le fractionnement du congé.

Un congé ne dépassant pas six jours ouvrables doit être continu. Lorsque le congé dépasse six jours ouvrables, il peut être fractionné dans certaines conditions, notamment avec l’accord du salarié.

En cas de fractionnement, une période doit comprendre au moins six jours ouvrables, tandis que les autres périodes ne peuvent pas être inférieures à une journée entière.

L’entreprise doit donc organiser les départs en tenant compte à la fois des droits du salarié et des nécessités de fonctionnement.

Les congés supplémentaires liés à l’ancienneté

L’ancienneté peut également donner droit à des jours de congé supplémentaires.

Le Code du travail prévoit une augmentation d’un jour ouvrable pour chaque période entière de cinq ans de services chez le même employeur, dans la limite prévue par la loi. Cette majoration ne doit pas être confondue avec les éventuels avantages supplémentaires prévus par une convention collective, un contrat ou un usage de l’entreprise.

Exemple

Un salarié ayant atteint une période complète de cinq ans chez le même employeur peut bénéficier d’un jour ouvrable supplémentaire au titre de l’ancienneté.

Après une nouvelle période complète de cinq ans, un nouveau jour peut être acquis selon les conditions prévues par le Code du travail.

Les entreprises doivent donc intégrer l’ancienneté dans leur système de suivi des congés.

Que se passe-t-il en cas de départ de l’entreprise ?

Lorsqu’un contrat de travail prend fin avant que le salarié ait bénéficié de la totalité des congés auxquels il a droit, une indemnité compensatrice de congé peut être due pour les jours non pris, selon les conditions prévues par le Code du travail.

Le calcul doit alors tenir compte des règles relatives à l’indemnité de congé.

Cette étape est particulièrement importante lors de la préparation du solde de tout compte.

Comment calculer l’indemnité de congé ?

Le Code du travail prévoit des règles spécifiques pour déterminer l’indemnité correspondant au congé annuel.

Pour le régime général, l’indemnité tient compte de la rémunération perçue pendant la période de référence et des dispositions prévues par l’article 119 du Code du travail. Le salarié doit également bénéficier des garanties prévues par la loi concernant la rémunération pendant son congé.

Le calcul peut donc devenir plus complexe lorsqu’il existe des primes, avantages ou éléments variables de rémunération.

Pour cette raison, l’entreprise doit éviter de se limiter à une simple multiplication du nombre de jours par le salaire journalier sans vérifier les règles applicables.

Les congés dans le secteur public : des règles différentes

Il est important de ne pas appliquer automatiquement les règles du secteur privé aux fonctionnaires.

Le statut général des personnels de l’État, des collectivités locales et des établissements publics à caractère administratif prévoit notamment un congé annuel de repos d’un mois à plein traitement pour une année complète de services effectifs.

Pour les périodes incomplètes, le texte prévoit notamment un calcul à raison de 2,5 jours de repos par mois de services effectifs pour les fonctionnaires concernés.

Les règles applicables aux agents publics sont donc différentes de celles prévues par le régime général du Code du travail.

Pourquoi le calcul des congés peut devenir compliqué pour les RH ?

Dans une entreprise, le service RH doit suivre plusieurs informations pour chaque salarié :

  • date d’embauche
  • ancienneté
  • droits acquis
  • congés pris
  • congés restants
  • éventuels reliquats
  • absences
  • justificatifs
  • règles particulières applicables

Lorsque ces informations sont enregistrées manuellement dans plusieurs fichiers, le risque d’erreur augmente.

Une simple erreur de formule peut modifier le solde affiché pour un salarié.

Excel est-il suffisant pour gérer les congés ?

Excel peut être adapté à une petite équipe avec peu de mouvements.

Cependant, lorsque l’entreprise compte plusieurs salariés, le suivi devient plus difficile.

Les principales difficultés sont :

  • les erreurs de saisie
  • les formules modifiées accidentellement
  • les fichiers multiples
  • les anciennes versions
  • les demandes reçues par e-mail
  • le manque de visibilité sur les absences
  • la difficulté à conserver un historique

Une entreprise qui souhaite professionnaliser sa gestion RH peut donc progressivement passer d’un tableau manuel à une solution digitale.

Digitaliser la gestion des congés en Tunisie

La digitalisation permet de centraliser les informations et de simplifier les processus RH.

Une solution moderne peut notamment permettre de :

  • enregistrer les demandes de congé
  • suivre les validations
  • consulter les soldes
  • conserver l’historique
  • organiser les absences
  • centraliser les documents associés

Cette évolution s’inscrit dans la transformation numérique des entreprises tunisiennes. Comme nous l’expliquons dans notre article consacré à l’avenir des services numériques en Tunisie, les entreprises adoptent progressivement des outils digitaux pour améliorer leur efficacité.

Les bonnes pratiques pour gérer les congés en entreprise

Pour éviter les erreurs, les responsables RH peuvent mettre en place plusieurs bonnes pratiques.

1. Mettre à jour les soldes régulièrement

Le solde doit être actualisé après chaque congé validé.

2. Centraliser les demandes

Toutes les demandes doivent suivre le même processus afin d’éviter les oublis.

3. Vérifier l’ancienneté

L’ancienneté peut avoir une incidence sur les droits aux congés.

4. Utiliser un calendrier des absences

Un calendrier permet de mieux organiser les équipes et d’anticiper les périodes de forte absence.

5. Conserver les justificatifs

Les documents liés aux demandes et aux absences doivent être correctement archivés.

6. Vérifier les règles applicables

Le Code du travail constitue une base importante, mais une convention collective ou un accord applicable à l’entreprise peut prévoir des dispositions plus favorables.

Exemple complet de calcul du solde de congés

Prenons une entreprise appliquant le régime général du Code du travail.

Un salarié a acquis 12 jours de congé au titre d’une année complète.

Il avait également un reliquat autorisé de 2 jours.

Pendant l’année, il a pris :

  • 3 jours en mars
  • 2 jours en juin
  • 4 jours en août

Le total des congés pris est donc :

3 + 2 + 4 = 9 jours

Le solde est :

12 + 2 – 9 = 5 jours

Le salarié dispose donc de 5 jours de congé restants, sous réserve des règles applicables au report des jours non pris.

Cet exemple montre pourquoi un suivi automatique peut être utile lorsque l’entreprise gère plusieurs salariés.

Pourquoi automatiser le suivi des congés ?

L’automatisation permet de réduire les calculs manuels et d’améliorer la fiabilité des données.

Pour les RH, elle facilite notamment :

  • le calcul des droits
  • le suivi des soldes
  • la validation des demandes
  • la préparation des plannings
  • la consultation de l’historique

Pour les salariés, elle apporte davantage de transparence et leur permet de mieux connaître leur situation.

Cette digitalisation s’inscrit plus largement dans l’évolution des métiers RH et des compétences numériques, notamment avec l’émergence des métiers du futur en Tunisie grâce au numérique.

Congés en Tunisie : les points essentiels à retenir

Pour une entreprise relevant du régime général du Code du travail, il faut notamment retenir :

  • le salarié bénéficie d’un droit annuel à congé payé
  • le régime général prévoit un calcul à raison d’un jour par mois de travail
  • le plafond légal général est de 15 jours comprenant 12 jours ouvrables
  • l’ancienneté peut ouvrir droit à des jours supplémentaires
  • les jours fériés légaux ne sont pas déduits du congé annuel
  • les périodes de maladie ou d’accident ne sont pas comptées dans le congé annuel dans les conditions prévues par le Code du travail
  • les règles du secteur public sont différentes
  • une convention collective peut prévoir des conditions plus favorables

La gestion des congés en Tunisie demande une attention particulière, aussi bien pour les salariés que pour les responsables RH.

Le calcul des droits, le suivi des jours pris, l’ancienneté, les éventuels reliquats et les règles propres à chaque secteur doivent être correctement pris en compte.

Pour les PME, la digitalisation constitue une solution efficace pour réduire les erreurs, simplifier le suivi et permet d’inscrire cette gestion dans une démarche plus globale de digitalisation des processus et des documents de l’entreprise.

En 2026, automatiser et centraliser la gestion des congés permet donc aux entreprises de gagner du temps, d’améliorer la transparence et de professionnaliser leur organisation RH.

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Azzam Souelmia

Azzam Soualmia

DG et fondateur de l'entreprise Swiver

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